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03.10.2025 12:46 Il y a: 334 days
Categorie: Données - Bases de données – RGPD / DPO - Big Data et intelligence artificielle, Droit de la Propriété Intellectuelle, Les essentiels, Veille Juridique
Auteur : France Charruyer

Hollywood en procès — quand l’IA joue avec le feu


Hollywood face à l'IA chinoise : Disney, Universal et Warner attaquent MiniMax

L’heure n’est plus aux avertissements : Disney, Warner Bros. et Universal ont saisi la justice américaine contre MiniMax¹, société chinoise éditrice du service Hailuo AI. Accusée de bâtir un empire numérique sur la reproduction non autorisée de personnages iconiques, MiniMax cristallise les tensions entre innovation technologique et protection des droits d’auteur. Une nouvelle bataille, loin d’être isolée, qui s’inscrit dans la stratégie offensive des majors face à l’essor de l’IA générative.

 

L’IA qui joue avec les héros d’Hollywood

 

Le reproche central est simple : MiniMax aurait transformé Hailuo AI en une machine à fabriquer des contenus visuels mettant en scène des personnages protégés tels que Dark Vador,Wonder Woman ou encore les Minions. Ces créations générées par simple prompt sont ensuite diffusées, téléchargées et même utilisées dans des campagnes publicitaires de la société, brouillant la frontière entre hommage technologique et contrefaçon caractérisée.

 

Les studios soulignent que cette pratique ne relève pas d’un incident ponctuel mais d’une logique commerciale assumée. Hailuo AI est présenté comme un « Hollywood studio in your pocket »², un slogan séduisant qui, aux yeux des plaignants, masque une exploitation systématique et délibérée des catalogues existants. L’affaire met en évidence la difficulté pour les créateurs de contrôler la reproduction numérique de leurs univers dans un environnement où la génération d’images est instantanée et mondialisée.

 

Ce n’est pas la première fois que Disney monte au front contre des fournisseurs d’IA. Lors du litige contre Midjourney, le studio avait déjà dénoncé l’appropriation de son esthétique et de ses personnages. L’action actuelle contre MiniMax s’inscrit donc dans une continuité stratégique : les majors hollywoodiennes veulent envoyer un signal clair que l’utilisation de leurs œuvres comme carburant des modèles génératifs ne sera jamais un terrain neutre ni sans conséquence juridique.

 

Un arsenal juridique mobilisé contre l’innovation sauvage

 

La plainte repose sur deux piliers du Copyright Act américain⁴ : la contrefaçon directe et la contrefaçon secondaire. La première vise la production et la diffusion d’œuvres dérivées sans autorisation, la seconde sanctionne l’encouragement et l’incitation des utilisateurs à enfreindre le droit d’auteur. Pour les plaignants, MiniMax est doublement responsable : par les images qu’elle génère et par la promotion active de ces usages.

 

Cette stratégie contentieuse traduit une volonté d’encadrer les pratiques des acteurs technologiques. Les studios rappellent que certains concurrents de MiniMax ont mis en place des filtres pour bloquer les demandes manifestement illicites ou ont accepté de négocier des licences avec les ayants droit, à l’instar de Antropic, développeur de l’IA Claude, qui a proposé un accord de 1,5 milliard de dollars⁵ à des auteurs et éditeurs pour alimenter ses IA avec leurs œuvres. MiniMax, au contraire, aurait ignoré toute demande en ce sens, privilégiant une croissance rapide et des abonnements toujours plus nombreux. Ce contraste joue en défaveur de la société chinoise, accusée d’avoir choisi la facilité au détriment du droit.

 

Le litige dépasse le seul affrontement entre les majors et MiniMax : il illustre la montée en puissance d’une jurisprudence qui cherche à fixer des limites aux usages de l’IA générative. Après les plaintes déposées contre Meta ou Anthropic⁶ par des collectifs d’auteurs, ce nouvel épisode met en lumière la spécificité du secteur audiovisuel. Là où les atteintes aux textes peuvent sembler abstraites, la reproduction d’un personnage visuellement identifiable comme Spider-Man ou Buzz L’éclair frappe immédiatement l’imagination et donne un relief tangible aux griefs de contrefaçon.

 

Une bataille économique et culturelle au-delà du prétoire

 

Derrière la procédure se joue un enjeu plus large : la défense du modèle économique hollywoodien. Les personnages emblématiques ne sont pas de simples figures de fiction ; ils constituent le socle d’un empire économique allant des produits dérivés aux attractions de parcs à thème, en passant par le merchandising global. Laisser se banaliser des copies générées par IA, c’est fragiliser la logique d’exclusivité qui fonde la valeur de ces univers.

 

Les majors redoutent un effet d’entraînement : si des plateformes comme Hailuo AI peuvent, sans sanction, offrir à leurs utilisateurs la possibilité de générer à l’infini des contenus dérivés de franchises, l’incitation à créer des modèles alternatifs proliférerait. Le risque est alors de voir se multiplier des copies « gratuites » ou bon marché qui concurrencent directement les canaux officiels. L’impact économique ne serait pas marginal : il menacerait la rentabilité de films à plusieurs centaines de millions de dollars et l’équilibre d’une industrie créative.

 

Face à ce constat, certains plaident pour l’émergence de mécanismes contractuels globaux : accords de licence, rémunérations proportionnelles, partage des revenus issus des contenus générés. Mais ces pistes exigent une harmonisation internationale difficile à atteindre, tant les régulations varient d’un pays à l’autre et tant certains acteurs choisissent de jouer la carte du fait accompli. La bataille MiniMax devient ainsi le symbole d’un combat pour redéfinir les règles du jeu entre création humaine et intelligence artificielle générative.

 

ALTIJ Avocats, votre partenaire dans les contentieux liés à l’IA

 

Dans ce climat où les majors d’Hollywood rappellent que la création ne se brade pas, les entreprises culturelles et technologiques doivent anticiper et se préparer aux litiges.

 

Altij Avocatsaccompagne ses clients dans la défense de leurs droits face aux acteurs de l’IA générative : constitution de preuves de contrefaçon, actions en responsabilité directe et secondaire, demandes d’injonction et stratégies de blocage procédural.

 

Notre expertise couvre aussi la prévention : mise en place de clauses contractuelles adaptées, audit des risques liés à l’utilisation de modèles génératifs, suivi actif des plateformes et procédures. Ces outils permettent de protéger les catalogues avant même l’apparition d’un contentieux et d’éviter une dilution de la valeur patrimoniale des œuvres.

 

À l’heure où les décisions rendues aux États-Unis façonnent la scène mondiale, il est crucial de bâtir une stratégie solide, conciliant rapidité de réaction et profondeur juridique. Altij Avocats, votre partenaire dans les contentieux liés à l’intelligence artificielle et à la propriété intellectuelle —Contactez-nous.

 

 

¹ https://fr.scribd.com/document/917955361/Disney-v-MinMax?utm_source=chatgpt.com
² https://piracymonitor.org/minimax-studios-sue-china-based-hollywood-in-your-pocket-video-ai- platform-for-copyright-infringement/?utm_source=chatgpt.com
³ https://www.altij.fr/detail-actualites/detail-actualites-donnees-bases-de-donnees/quand-lia-attaque- lempire-disney-lempire-contreattaque
⁴ https://www.copyright.gov/title17/5

https://www.lefigaro.fr/flash-eco/ia-et-droits-d-auteur-l-accord-d-anthropic-a-1-5-milliard-de-dollars- approuve-par-un-juge-americain-20250926
⁶ https://www.altij.fr/detail-actualites/detail-actualites-donnees-bases-de-donnees/copy-fight-outre- atlantique-le-fair-use-arme-fatale-des-ia