Déposer une marque produite par l’intelligence artificielle, c’est un peu comme ouvrir une porte sur un terrain juridique encore méconnu : ce n’est pas interdit, mais gare aux pièges et autres chausse-trapes.
Entre analyse humaine, contraintes légales et recommandations pratiques, nos équipes en propriété intellectuelle et nouvelles technologies font le point.
En France, la loi ne fait aucune différence : que la marque soit le fruit d’un brainstorming fiévreux ou issue d’un prompt lancé dans une interface d’IA, seul le résultat compte.
Il appartient à l’INPI (Institut national de la propriété industrielle) de vérifier les critères de validité d’une marque préalablement à son enregistrement : caractère distinctif, licéité, absence de tromperie. Et il appartient au déposant de s’assurer que sa marque est disponible.
L’origine humaine ou algorithmique ? Personne ne la questionne. Une décision récente du Tribunal de Paris est même allée plus loin : pourvu que le signe respecte les conditions requises, il peut intégrer le giron de la protection, et ce même face à des actes comme le cybersquatting.
On valorise toutefois l’apport humain : la fameuse « cocréation maîtrisée » (doctrine émergente en PI) mais cela reste du pragmatisme pur : la marque n’est pas une œuvre d’art, elle est aussi et surtout une bannière commerciale.
Sur le papier, pas de discrimination : une création IA est logée à la même enseigne qu’une création humaine. Les institutions se moquent royalement de savoir qui ou quoi a conçu le nom ou le logo. Mais dans la vraie vie, il faut apprendre à marcher sur des œufs :
Les plateformes d’IA précisent quasi systématiquement des clauses restrictives sur l’usage commercial, la cession ou même la propriété. Qui n’a jamais cliqué sans lire sur « Conditions Générales d’Utilisation » ? Ici, cette légèreté peut coûter cher.
Les IA, gloutonnes en bases de données, recrachent parfois des résultats étonnamment proches de productions existantes.
Résultat : le risque d’atteinte à des droits antérieurs grimpe en flèche. Or, l’office est une chambre d’enregistrement et ne vérifie pas la disponibilité du signe choisi ; seule une recherche d’antériorités proactive peut vous sécuriser et limiter les risques de revendications de la part de titulaire de droits antérieurs.
Protéger une marque IA par le droit d’auteur ? Mission quasi-impossible, puisque les juridictions – françaises, européennes, américaines… – martèlent qu’il faut un apport humain tangible pour revendiquer l’originalité.
Tant qu’il n’y a pas de « main humaine sur le manche », pas de droit d’auteur – sauf à prouver une véritable co-création, documentée et substantielle.
En somme, déposer une marque IA n’a rien d’impossible : c’est même pleinement admis dans le droit actuel. Mais c’est un exercice qui exige rigueur, anticipation et bon sens. Le réflexe doit toujours être : « Est-ce que je suis vraiment propriétaire de ce que je dépose, et puis-je prouver ma bonne foi et la disponibilité du signe ?»
Dans le doute, mieux vaut s’entourer de conseils avisés que de tenter l’aventure en solitaire !
Face à la prolifération des usages automatisés et à la montée en puissance du fair use ou de l’exception de fouille de textes et de données dans les stratégies défensives des géants de la tech, les créateurs et ayants droit ont plus que jamais besoin d’un cadre de protection clair et adapté.
Altij Avocats vous accompagne à chaque étape, en conseil comme en contentieux, pour défendre vos œuvres dans un environnement technologique en perpétuelle mutation.
Notre équipe d’experts intervient notamment pour :
Nous mobilisons notre expertise en propriété intellectuelle, nouvelles technologies et régulation de l’IA pour bâtir des stratégies juridiques innovantes, à la hauteur des enjeux soulevés par l’algorithmisation du monde créatif.
À l’heure où les modèles génératifs défient les frontières du droit d’auteur, nous vous aidons à structurer vos projets et faire valoir vos droits.
Nos avocats vous accompagnent dans la structuration, la protection et la valorisation de vos actifs immatériels, en France comme à l’international.
Nous intervenons notamment pour : audits de portefeuille de marques, stratégie de protection des créations, dépôts de marques et modèles, gestion des noms de domaine, contrats de cession ou de licence, et accompagnement au dépôt de brevets et œuvres numériques.
Notre objectif : sécuriser vos droits, optimiser leur exploitation, et anticiper les risques juridiques liés à l’innovation.
Notre équipe, en lien avec un réseau d’experts, de conseils en propriété industrielle et de partenaires institutionnels, vous accompagne dans l’ensemble des défis liés à l’économie de la création.
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ALTIJ est mandataire de l’APP et référent INPI dans le cadre du PASS PI, un dispositif de soutien aux entreprises pour préfinancer la protection de leurs actifs immatériels (marques, logiciels, etc.). Nous vous accompagnons aussi dans les tech due diligences, audits et stratégies de valorisation, notamment sur les logiciels open source.
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