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Démarchage téléphonique à partir du 11 août 2026 le possible et l’interdit

Démarchage téléphonique : ce qui change à partir du 11 août

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Procédure simplifiée : 23 nouvelles sanctions de la CNIL depuis janvier 2026

Dans un bilan publié le 6 juillet 2026, la CNIL indique avoir prononcé, depuis janvier 2026, 23...


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IA générative : le CEPD encadre l'anonymisation et le moissonnage de données

Le 7 juillet 2026, le Comité européen de la protection des données (CEPD) a adopté des lignes...


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NIS2 : la transposition française tarde, mais l'anticipation s'impose

Le 8 juillet dernier, la Commission européenne a annoncé avoir saisi la Cour de justice européenne...


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Cyber Resilience Act : êtes-vous concerné par l’écheance du 11 septembre 2026 ?

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Pixels de suivi dans vos mails : assurez votre conformité avant le 14 juillet 2026

La CNIL vient de fixer le cadre applicable à l'utilisation des pixels de suivi intégrés dans les...


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Démarchage téléphonique : le consommateur doit vous donner son consentement explicite

La loi du 30 juin 2025, publiée au Journal Officiel le 1er juillet 2025, introduit un changement...


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IA et transparence : la Commission européenne publie son guide de bonnes pratiques

Le 10 juin 2026, la Commission européenne a dévoilé la version définitive de son code de...


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28.02.2025 10:50 Il y a: 2 yrs
Categorie: Droit de la Propriété Intellectuelle, Droit d’auteur et propriété littéraire et artistique , Propriété industrielle (Marques, Dessins et modèles), Droit des Technologies Avancées, Veille Juridique

L'IA peut-elle justifier la violation des droits d'auteur au nom de l'innovation ? Reuters v Ross Intelligence


L'IA peut-elle justifier la violation des droits d'auteur au nom de l'innovation ?

Le 11 février 2025, Thomson Reuters a remporté un procès contre Ross Intelligence pour avoir utilisé illégalement le contenu de sa base de données juridique Westlaw, pour entraîner ses modèles d’IA. Dans un contexte constant de développement en matière d’IA, Ross Intelligence est un concurrent direct de Reuters qui a créé une plateforme de recherche juridique alimentée par l’intelligence artificielle pour le droit américain.

 

Le problème récurrent du droit d’auteur face à l’IA

 

Pour entraîner son outil de recherche, Ross avait demandé une licence d’exploitation du contenu de Westlaw que Reteurs avait refusée du fait de leur concurrence directe.

Par la suite, un accord a été conclu avec LegalEase pour l’exploitation de données d’entraînement sous « Bulk Memos ». Ces données représentent 25000 compilations de questions juridiques posées par des avocats avec des bonnes et mauvaises réponses. En clair, ces Bulk Memos, sont des gros volumes de données [1]

 

La problématique repose sur le fait que ces mémos ont eux-mêmes été construits sur les données de Westlaw (résumés juridiques issus des décisions judiciaires, etc.). En pratique, cette pratique s’assimile à de la contrefaçon du droit d’auteur de la base de données Westlaw.

 

La question de l'utilisation des données d'entraînement pour l'IA fait également écho aux exigences de l'IA Act de 2024 [2], réglementation européenne visant à encadrer l'utilisation de l'intelligence artificielle, en particulier dans les domaines sensibles comme le droit d’auteur. Ce règlement vise une approche par les risques pour la santé, la sécurité ou les droits fondamentaux, notamment à travers la sécurité des produits et la surveillance du marché en ce qui concerne les systèmes et modèles d’IA [3].

Le point central du règlement pour être en conformité, désigne une obligation de transparence selon le niveau de risque de l’IA qui est notamment reparti en quatre niveaux :

 

  1. Risques inacceptables : Usages interdits (techniques subliminales, scoring social, manipulation de personnes vulnérables, reconnaissance biométrique dans l’espace public en temps réel à des fins répressives sauf exceptions). Sanctions : 30 M d’euros / 6% du C.A
  2. Haut risque : Usages autorisé avec obligations strictes, procédures de conformité et marquages (identification biométrique, éducation, travail, immigration, accès au SP, justice, police). Parmi les exigences essentielles, on y trouve le risque de santé, la sécurité et les droits fondamentaux. Sanctions : 20 M d’euros / 2% du C.A et le cumul est possible avec le risque modéré.
  3. Risque modéré : Usages autorisés avec obligation d’information et de transparence (interaction humain-machine, Deep Fake, analyse des émotions).
  4. Risque faible ou nul : usages autorisés sans restriction (codes de bonne conduite possibles)

 

L’argument insuffisant de l’exception « Fair use »

 

Initialement, le Fair use est issu de la législation et de la jurisprudence américaine et s’applique dans les pays de Common Law (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Australie et Nouvelle-Zélande). Par traduction, on peut le caractériser « d’usage loyal » qui désigne un ensemble de limitations et d’exception aux utilisations protégées par le Copyright (droit d’auteur). Cet ensemble pose généralement des critères sur lesquels les juges s’appuient pour retenir cet usage loyal, par exemple aux États-Unis les juges retiennent en principe quatre critères :

 

  • L'objectif et la nature de l’utilisation, notamment si elle est de nature commerciale ou à des fins éducatives et non-lucratives ;
  • Lanaturedel’œuvreprotégée;
  • La quantité et la valeur informative de la partie utilisée en rapport à l'ensemble de l’œuvre protégée ;
  • Les conséquences de cette utilisation sur le marché potentiel ou sur la valeur de l’œuvre protégée.

 

Dans ce contexte, le fait de créer de nouvelles œuvres qui donnent un nouveau sens à l’œuvre originale peut être considéré comme une utilisation loyale et donc autorisée par la loi. C’est en ce sens que la Cour a rejeté le « Fair use » en constatant que l’utilisation faite par Ross n’est pas transformatrice et l’objectif poursuivi n’est pas distinct de celui de Reuters, soit de fournir un outil juridique performant. Donc la cour retient une intention délibérée de concurrencer Westlaw et reconnaît un marché spécifique des données d’entraînement pour l’IA méritant protection.

 

Une avancée en matière de protection juridique du droit d’auteur

 

Cette décision s’inscrit dans le même sillage qu’une affaire précédente où huit journaux américains ont poursuivi Open IA et Microsoft pour violation du droit d’auteur du fait d’entraîner leurs outils sans autorisation avec des millions d’articles de presse protégés[4]. C’est en reconnaissant un marché spécifique aux données d’entraînement, que la cour pose un cadre de plus en plus dessiné sur la frontière entre le droit d’auteur et l’IA.

 

La mission du CSPLA de décembre 2024[5] a justement porté sur la mise en conformité du droit français avec l’IA Act, en identifiant les meilleures pratiques pour assurer une protection efficace des contenus protégés tout en permettant l'innovation technologique.

Les conclusions du CSPLA réaffirment la nécessité de cadres contractuels et l’obligation de transparence pour l’utilisation des bases de données à des fins d’entraînement IA, ce qui renforce la démarche européenne visant à éviter les abus en la matière. Cette mission propose alors aux fournisseurs et développeurs des IA un type « de résumé suffisamment détaillé » des bases de données d’entraînements à fournir, pour justement permettre de voir si parmi ces données, il y a des œuvres protégées par le droit d’auteur qui nécessiteraient une autorisation pour leur exploitation.

 

Expertise en Intelligence Artificielle et Technologies Avancées

 

Protection juridique des données d'entraînement IA :

 

Chez Altij Avocats, nous comprenons les défis juridiques liés à l'utilisation des données pour l'entraînement des modèlesd'intelligence artificielle. Notre équipe d'experts vous accompagne pour garantir la conformité avec les lois sur le droit d’auteur, comme illustré par le récent cas Thomson Reuters vs RossIntelligence.

 

Comprendre le Fair use et ses Limites :

 

Le Fair use est une exception au droit d'auteur qui permet certaines utilisations sans au torisation. Cependant, comme lemontre le cas Reuters vs Ross, cette exception ne s'a pplique pas lorsque l'utilisation n'est pas transformatrice et vise àconcurrencer directe ment l'œuvre originale.

  • Nos Services :
    • AuditdeConformité: Évaluation de vos pratiques d'utilisation des données pour l'entraînement IA.
    • ConseilJuridique: Assistance pour obtenir les licences nécessaires et éviter les litiges.
    • Formation: Sensibilisation aux enjeux juridiques de l'IA pour vos équipes.

 

  • Pourquoi Choisir Altij Avocats ?
    • ExpertisePointue: Spécialistes en droit de l'IA et technologies avancées.
    • Expérience: Accompagnement de clients dans des affaires complexes de droit d'auteur et intelligence artificielle.
    • Proactivité: Anticipation des évolutions législatives pour une stratégie juridique robuste.

Pour en savoir plus sur nos services et comment nous pouvons vous aider à protéger vos innovations en intelligence artificielle, contactez-nous dès aujourd'hui.

 

Références: 

[1] https://www.linguee.fr/anglais-francais/traduction/bulk+memory.html

[2]  https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32024R1689

[3] https://www.cnil.fr/fr/entree-en-vigueur-du-reglement-europeen-sur-lia-les-premieres-questions-reponses-de-la-cnil

[4] https://www.usine-digitale.fr/article/droit-d-auteur-huit-journaux-americains-portent-plainte-contre-openai-et-microsoft.N2212597

[5] https://www.culture.gouv.fr/nous-connaitre/organisation-du-ministere/Conseil-superieur-de-la-propriete-litteraire-et-artistique-CSPLA/Travaux-et-publications-du-CSPLA/Missions-du-CSPLA/ia-et-transparence-des-donnees-d-entrainement-publication-du-rapport-d-alexandra-bensamoun-sur-la-mise-en-aeuvre-du-reglement-europeen-etablissant

 

Sources